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Association Inter-URPS Francilienne

2020 – Interprofessionnalité & Territoires : Vision 2030

premier colloque de l’AIUF au palais du Luxembourg

Illustration de l’AIUF

Le 17 janvier 2020, l’AIUF organisait son colloque « Interprofessionnalité & Territoires : Vision 2030 » au Palais du Luxembourg.

Plus de 150 professionnels de santé se sont réunis pour échanger autour de leurs pratiques, partager leurs expériences et réfléchir ensemble à l’avenir de la coopération interprofessionnelle.

Une journée riche d’échange et de partage

Une interprofessionnalité qui se construit sur le terrain

La journée s’est ouverte sur les enjeux de l’interprofessionnalité dans un contexte marqué par l’augmentation des maladies chroniques, le virage ambulatoire, les tensions démographiques et la nécessité d’améliorer la coordination des parcours. Les échanges ont souligné que l’interprofessionnalité ne se décrète pas : elle s’organise dans les territoires, notamment à travers les CPTS, les maisons de santé pluriprofessionnelles, les protocoles de coopération et les expérimentations.

Une première table ronde a ensuite interrogé la place des usagers, des aidants et des élus dans cette dynamique. Les participants ont rappelé que la coopération ne consiste pas simplement à réunir différents acteurs, mais à construire des échanges réguliers et coordonnés. Le regard des usagers et des aidants apparaît ainsi essentiel pour mieux prendre en compte la réalité des parcours, tandis que les collectivités peuvent jouer un rôle de facilitateur dans la coordination territoriale.

Décloisonner les acteurs pour éviter les ruptures de parcours

La deuxième table ronde a porté sur la coopération entre hôpitaux, établissements, professionnels libéraux et secteur médico-social. Les échanges ont mis en évidence la nécessité de décloisonner ces différents secteurs afin de garantir des parcours plus continus et coordonnés. Parmi les freins identifiés : le manque de temps, la surcharge d’activité, la méconnaissance des acteurs et les difficultés à construire des partenariats entre structures. Les intervenants ont également insisté sur l’importance de la formation et d’outils adaptés pour faciliter cette coopération.

S’inspirer des expériences européennes

Le colloque a également ouvert une perspective européenne avec la présentation de projets favorisant une santé communautaire intégrée. Les échanges ont montré l’intérêt de modèles reposant sur une gouvernance partagée, l’implication des habitants et la coopération entre professionnels, acteurs sociaux, associations, chercheurs et collectivités. Des exemples menés en Angleterre et en Allemagne ont notamment illustré la manière dont l’interprofessionnalité peut contribuer à renforcer l’ancrage territorial et la participation des habitants.

Accompagner le changement et faire évoluer les pratiques

La réflexion s’est poursuivie autour de la conduite du changement. Les échanges ont mis en avant plusieurs leviers : une approche populationnelle, une gouvernance partagée, une meilleure place accordée aux usagers et aux aidants, la coordination via les CPTS et les dispositifs d’appui, mais aussi la formation et le développement d’outils communs. La conduite du changement a été présentée comme un processus nécessitant de préparer, engager, réaliser puis ancrer durablement les nouvelles pratiques.

Réglementation, formation et numérique : quels leviers ?

Les participants ont ensuite échangé sur les conditions permettant de faciliter concrètement l’interprofessionnalité. La réglementation, les dispositifs conventionnels et les financements ont été identifiés comme des leviers importants, tout comme les outils numériques permettant le partage sécurisé d’informations et la coordination des parcours.

La question de la formation initiale et continue a également été largement abordée. Les échanges ont souligné la nécessité de développer une véritable culture interprofessionnelle dès les études, en permettant aux futurs professionnels de mieux connaître les autres métiers et d’apprendre à travailler ensemble autour de situations concrètes. Le DPC constitue également un levier pour développer ces compétences, alors que la majorité des formations reste encore mono-professionnelle.

Enfin, une table ronde consacrée aux outils numériques au service des parcours de soins a permis de rappeler leur rôle dans le partage d’informations, la coordination des situations complexes et la continuité des soins. Les échanges ont insisté sur l’importance de développer des solutions interopérables, utiles aux professionnels et intégrées à leurs outils de travail existants.

À travers ces différents temps de réflexion, le colloque a fait émerger une conviction commune : l’interprofessionnalité ne peut devenir une réalité durable qu’en s’appuyant sur les professionnels, les usagers, les aidants et l’ensemble des acteurs d’un territoire. Elle repose autant sur la volonté de travailler ensemble que sur des organisations adaptées, des formations communes, des outils partagés et un cadre favorable.