Aller au contenu

Association Inter-URPS Francilienne

2026 – Interprofessionnalité & Territoires : Mythe ou Réalité ?

Le 12 janvier 2026, l’AIUF organisait son colloque « Interprofessionnalité & Territoires : Mythe ou Réalité ? », qui a réuni plus de 100 participants : professionnels de santé, acteurs de terrain, experts et représentants institutionnels.

Six ans après le colloque « Vision 2030 », cette nouvelle édition a permis de faire le point sur les évolutions concrètes, de revenir sur les enseignements de la crise sanitaire et d’explorer les perspectives pour renforcer la coopération entre professionnels.

Tout au long de la journée, les échanges ont porté sur les conditions nécessaires pour faire de l’interprofessionnalité une réalité durable : évolution des organisations, coordination des parcours, formation, place des usagers et des aidants, numérique, intelligence artificielle, financement et évolution des pratiques.

Revivez le colloque en vidéo

Vous souhaitez découvrir ou redécouvrir les temps forts de cette journée ?

Retrouvez en vidéo les échanges, les interventions et les réflexions qui ont rythmé cette édition 2026 du colloque de l’AIUF.

Les 10 points à retenir

1. L’interprofessionnalité n’est plus une option : c’est une nécessité

Face au vieillissement de la population et à l’augmentation des pathologies chroniques, la coopération entre professionnels apparaît désormais comme une condition essentielle de l’évolution du système de santé. L’interprofessionnalité est ainsi passée d’un engagement militant à une véritable nécessité pour répondre aux besoins de demain.

2. La crise Covid a été un puissant accélérateur… mais temporaire

La pandémie a permis de faire émerger des coopérations inédites entre professionnels et entre établissements. La gestion des lits de réanimation en Île-de-France a notamment illustré la capacité des acteurs à construire rapidement une régulation territoriale fondée sur la confiance. Mais l’un des enjeux majeurs reste désormais de pérenniser cette dynamique au-delà des situations de crise.

3. Usagers, élus et aidants doivent être pleinement associés

L’interprofessionnalité ne peut se construire sans les personnes directement concernées par les parcours de santé. Les usagers et les aidants doivent être considérés comme de véritables partenaires, et non uniquement comme des personnes consultées. Les élus locaux ont également un rôle essentiel pour créer des liens entre les différents acteurs et inscrire la santé dans une approche globale des politiques territoriales.

4. La coordination ville-hôpital reste un défi majeur

Les CPTS ont permis de faire progresser la coopération entre professionnels, mais des difficultés persistent : ressources humaines limitées, manque de temps, anticipation des interventions et articulation avec les établissements. Le secteur médico-social doit également être pleinement intégré à cette dynamique afin d’éviter les ruptures dans les parcours.

5. La formation reste un maillon faible.

Si la volonté de développer l’interprofessionnalité est largement partagée, sa mise en œuvre dans les formations reste encore limitée. La simulation, les enseignements communs et l’évolution des stages constituent des leviers intéressants, mais leur déploiement se heurte encore aux contraintes propres à chaque formation. Apprendre à travailler ensemble doit devenir une compétence à part entière.

6. Mieux connaître les compétences de chacun est le premier niveau de l’interprofessionnalité.

Avant même de savoir travailler ensemble, encore faut-il connaître les missions, les compétences et les possibilités d’intervention des autres professionnels. La méconnaissance des métiers constitue encore un frein important à la coopération. Développer une véritable culture commune apparaît donc comme une première étape indispensable.

7. Le numérique doit rester un levier, et non une finalité.

Les outils numériques peuvent faciliter le partage d’informations et la coordination des parcours. Mais leur efficacité dépend avant tout de l’organisation et des relations entre les professionnels. Un outil ne peut pas remplacer une culture commune, une connaissance mutuelle et une volonté de travailler ensemble.

8. L’intelligence artificielle soulève de nouvelles questions éthiques.

L’arrivée de l’intelligence artificielle transforme progressivement les pratiques professionnelles et les modes de décision. Si elle peut constituer un véritable levier, elle pose également des questions de responsabilité, de maîtrise des compétences et de confiance. L’enjeu est donc de faire de l’IA un appui au travail humain, et non un substitut aux professionnels.

9. Le financement et la régulation doivent évoluer pour accompagner l’exercice coordonné.

Le développement de l’interprofessionnalité nécessite également de faire évoluer les modèles économiques et les cadres réglementaires. Les expérimentations montrent l’intérêt d’organiser les prises en charge autour des besoins des patients et de mobiliser les compétences complémentaires des différents professionnels. Pour aller plus loin, le financement doit pouvoir mieux prendre en compte le temps consacré à la coordination et au suivi des patients.

10. L’interprofessionnalité nécessite un véritable changement culturel.

Au-delà des organisations et des outils, c’est une transformation des pratiques et des mentalités qui est nécessaire. Travailler ensemble suppose de dépasser les logiques de silos, de reconnaître les compétences de chacun et de construire une relation plus horizontale entre les professionnels. L’interprofessionnalité constitue ainsi un véritable virage culturel, qui doit être porté collectivement par les professionnels, les usagers et les acteurs politiques et institutionnels.